Vers la guérison…
C'est dans la tempête qu'a débutée la maintenant traditionnelle fin de semaine de retraite organisée à St-Antoine-de-Tilly par la Sangha " Le sentier de la rivière " et c'est à un discours en deux temps que les participants ont eu droit les 3 et 4 mars dernier. D'abord plus pédagogique lors de sa causerie du samedi matin, Chan Hoï a ensuite transformé son approche, dès le dimanche, et proposé un discours du Dharma truffé d'exemples tirés de son propre vécu et venant démontrer l'application mais surtout la difficulté d'application du lent processus de guérison de nos souffrances.
Sur le thème " Transformation et guérison ", c'est tout naturellement que Chan Hoï a abordé le sujet de la guérison d'un point de vue médical. Il a d'abord installé son propos du samedi en référant au sutra des quatre établissements de l'attention mentionnés dans le manuel de Thich Nhat Hanh ayant inspiré le thème de la retraite. Il a ainsi rappelé à une assemblée silencieuse que l'attention devait être apportée au corps, aux sensations, à l'esprit et également aux objets de l'esprit.
Chan Hoï, impressionnant exemple de vivacité, a habilement transposé à toutes les souffrances, les méthodes de guérison curatives et préventives généralement associées au domaine médical. L'auditoire s'est donc vu rappeler que la guérison de toute maladie ou souffrance exige d'abord :
1. un bon diagnostic : Qu'est-ce qui rend ma vie misérable?
2. l'identification de la cause de l'affliction : Qu'est-ce qui provoque mon
affliction?
3. L'application du traitement approprié : Quel chemin dois-je emprunter pour
apaiser ma souffrance?
En ce qui a trait au diagnostic, il a suggéré une respiration profonde et la reconnaissance de la sensation de malaise…
J'inspire, je suis en colère… J'expire, je suis en colère…Le simple fait d'accorder une attention à une émotion apaiserait cette émotion.
En matière de cause, il a rappelé l'importance de questionner les formations mentales et ce, dès leur apparition (Sommes-nous certains ou n'est-ce qu'une impression ?). Une formation mentale, qu'il a également appelé un nœud, peut être négative ou positive ; la positive pouvant d'ailleurs servir d'antidote à la formation mentale négative.
Au niveau du traitement, Chan Hoï a rappelé que Thich Nhat Hanh propose 20 exercices, dont 10 spécifiquement pour le corps. Parmi ceux-ci, il a expliqué la séquence suivante : Affliction > Respiration > Calme > Concentration > Esprit clair > Regard profond > Compréhension > Transformation > Guérison.
Il y aurait également deux sortes de souffrances, celle qui se produit réellement, comme la perte d'un être cher, et celle qu'on se crée, comme le remords ou la honte. Il mentionne que les afflictions viennent de l'esprit et que si on modifie notre façon de les aborder, les afflictions se transforment également.
Il propose finalement des outils de prévention de la souffrance, celle infligée aux autres, comme celle qu'on subit. En voici quelques exemples :
- de ne pas se laisser entraîner par les émotions de la majorité ;
- de ne pas penser qu'à nous ;
- d'éviter de penser qu'il n'y a rien à faire car il y a toujours quelques chose de possible;
- d'accueillir la beauté et la souffrance avec bon cœur, respect et sagesse ;
- de s'incliner devant ce qui est plutôt que devant un idéal lointain.
Il conclut finalement son propos du samedi par la lecture d'une prière de Saint-François d'Assise et rappelle que les enseignements sont valables dans toutes les traditions religieuses.
Quant au discours du dimanche, il
était riche d'une expérience humaine transmise avec beaucoup d'humilité et
sans compromis. Il a démontré la nécessité mais aussi la difficulté
d'appliquer les cinq entraînements à chaque moment de notre vie. Tous et
toutes ont été touchés par le propos de notre grand frère Chan Hoï qui nous
a également rappelé la nécessité de recevoir des enseignements, de les
étudier et surtout de les pratiquer dans notre vie de tous les jours et avec
notre famille et notre sangha… À ce propos, je dois maintenant vous laisser
car mon fils a vraiment besoin que je l'aide avec son devoir de français…
Suzanne Nadeau
Mars 2007
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